Les fameux maux de tête!

Combien de fois par semaine prenez-vous des advil/tylenol/motrin/aspirine pour faire passer votre mal de tête habituel?

Il peut arriver que certains individus soient plus fragiles à avoir des céphalées (mot scientifique désignant mal de tête) lorsqu’ils sont fatigués, déshydratés, etc. Tout comme lorsque l’on se cogne le petit orteil sur le coin d’un meuble, le cerveau perçoit des signaux de douleur indiquant qu’il y a un problème. Mais, il n’est pas ‘’normal’’ d’avoir ces maux de tête! Votre corps vous dit clairement qu’il y a quelque chose qui cloche.

Je vais donc dédier cet article à ces fameux maux de tête pour démystifier avec vous les différents types de céphalée et ce qui peut être fait pour diminuer les symptômes.

Migraines

Lorsque mes patients me rapportent des maux de tête, ils me disent presque tout le temps qu’il s’agit de migraines. Toutefois, les migraines ne sont pas aussi souvent responsables qu’on le croit.

Sans rentrer dans les sous types, la migraine est caractérisée par une douleur d’intensité modérée à sévère, unilatérale (seulement d’un côté), pulsatile (comme si vous entendiez votre cœur battre dans votre tête) et d’une durée de 4 à 72 heures qui est aggravée par l’effort physique, la lumière ou les bruits ambiants. On peut aussi dire une migraine avec aura lorsqu’il y a des symptômes neurologiques avant et/ou pendant le mal de tête avec la présence d’un prodrome (sensation qui précède le mal de tête comme de la fatigue, de l’hyperactivité, des bâillements ou de la raideur/douleur au cou). Ces symptômes durent habituellement 60 minutes maximum.

On décrit la migraine comme une céphalée primaire et idiopathique. Donc, elle n’est pas provoquée par un problème de santé et les causes ne sont pas encore exactes. Plusieurs sources supposent qu’il s’agit d’un manque d’oxygénation au cerveau lié à la déshydratation, la fatigue ou le stress. Encore là, rien n’est certain.

Les recommandations pour soulager ou traiter cette problématique sont justement de boire beaucoup d’eau, être actif, éviter les sources de stress et bien dormir. Si rien de cela n'aide, on peut alors aller vers de la médication conjointement à des soins chiropratiques. Effectivement, les manipulations vertébrales et la détente musculaire montrent des effets bénéfiques pour diminuer la fréquence, l’intensité et la durée des migraines.

Céphalées de tension

Image

Grosse journée de travail, fatigue, vous commencez à ressentir un serrement tout autour de la tête comme si votre tête était entre 2 étaux? Voici une belle description de ce qu’est une céphalée de tension. Il y a rarement des symptômes neurologiques comme de la nausée, des flashs lumineux ou une aggravation par la lumière ou les bruits forts. Elle apparait au courant de la journée avec la fatigue ou l’effort.

Tout comme la migraine, les causes des céphalées de tension sont encore floues. On recommande encore une fois de bien s’hydrater, avoir de bonnes nuits de sommeil, éviter les sources de stress et même de faire de l’activité physique pour prévenir ces types de céphalée. Au niveau thérapeutique, des soins multimodaux (plusieurs professionnels ou approches) seraient le plus efficaces pour cette condition.

Céphalées cervicogéniques

C’est un gros mot pour dire des maux de tête d’origine cervicale (cou). On parle de maux de tête uni ou bilatéral (d’un ou des deux côtés) au niveau du front, des tempes, sur la tête ou dans la nuque. Elles peuvent être d’intensité variable et souvent accompagnée d’une perte de mouvement ou d’une raideur/douleur dans le cou.

Vous remarquerez que ces maux de tête se rapprochent beaucoup des céphalées de tension. Ce qui diffère est la cause du mal de tête. Les céphalées de tension ont une origine encore peu définie alors que les céphalées cervicogéniques sont provoquées par des tensions musculaires, des irritations articulaires dans le cou ou encore des entorses cervicales.

Massage, antidouleur ou relaxant musculaire peuvent aider à diminuer les symptômes. Un suivi chiropratique est tout de même recommandé pour déceler l’origine du mal de tête et ainsi faire un traitement approprié et efficace pour la problématique.

Céphalées groupées (Céphalée d'Horton ou cluster headache)

Il s’agit d’un autre type un peu moins fréquent, mais beaucoup plus incapacitant. Les maux de tête sont sévères d’un côté, au-dessus de l’œil, dans l’œil ou sur la tempe d’une durée d’environ 15 à 180 minutes. Vous pouvez avoir d’une à huit crises par jour. Elle est souvent accompagnée d’écoulements nasaux, de larmoiements, de rougeur au niveau de l’œil et/ou de l’enflure du visage.

Encore une fois, peu d’information sur la cause est encore connue à ce jour. On supposerait une activation réflexe du système parasympathique du cerveau (une fonction autonome du cerveau dont on n’a pas de contrôle conscient).

Névralgie d'Arnold

J’entends souvent parler du diagnostic de la névralgie d’Arnold ou la céphalée d’Arnold. Beaucoup de personnes pensent en faire ou se font même diagnostiquer cette problématique alors qu’il n’est pas le problème. Les nerfs d’Arnold (communément appelé le grand nerf occipital) passent de chaque côté entre la vertèbre C1 et C2.

Une irritation de ce nerf par une perte de mobilité articulaire, des tensions musculaires ou myofasciales peuvent provoquer des maux de tête unilatéraux partant du dessus de la tête jusqu’à la base de l’occiput (arrière du crâne) étant donné qu’il s’agit du territoire d’innervation de ce nerf. De plus, la douleur est typiquement vive et intense, décrite comme une sensation de brûlure ou de choc électrique. Encore une fois, les traitements chiropratiques sont bien efficaces pour soulager ce problème. Alors, détrompez-vous, si votre mal de tête ne se limite pas à ce territoire cutané, vous ne souffrez sûrement pas de la névralgie d’Arnold!

Voici quelques conseils généraux qui peuvent aider à diminuer les symptômes de vos céphalées.

1- Réduisez les sources de stress

2- Restez bien hydraté (en moyenne 2L d’eau par jour)

3- Restez actif

4- Corrigez votre posture au travail

5- Corrigez votre posture de sommeil (il faut favoriser sur le côté ou sur le dos)

6- Réduisez le temps devant vos cellulaires ou écrans d’ordinateur. (Gardez la tête droite et amenez le téléphone au niveau de vos yeux!)

Image

Plusieurs autres diagnostics et causes potentiels de céphalées existent tels que ceux d’origine vasculaire, crânienne, infectieuse, retrait ou abus de substance, ou psychologique. Tous ont des pronostics différents avec des traitements recommandés différents. C’est pourquoi un examen approfondi par un professionnel doit être fait pour connaître de quel type de maux de tête vous souffrez et quelle approche thérapeutique est recommandée.

Sachez que les chiropraticiens sont bien formés pour déceler et diagnostiquer les céphalées. Bien que certains types de maux de tête ne peuvent pas être soigné par la chiropratique, nous pouvons vous rediriger vers les bons professionnels qui eut pourront vous aider.

Alors si vous êtes le genre de personne à endurer ces maux de tête tous les jours, s'il vous plait, arrêtez de souffrir et prenez soin de vous en allant consulter votre professionnel de la santé.

Dr David St-Pierre
Chiropraticien

Bibliographie

1- (2018). "Headache Classification Committee of the International Headache Society (IHS) The International Classification of Headache Disorders, 3rd edition." Cephalalgia 38(1): 1-211.

2- https://chiropractic.ca/wp-content/uploads/2014/09/Headache-CPG-final-Jan2012_French.pdf?e3c7c0

Partager cet article